Fenêtre ouverte sur un nouveau jardin
Mon arrivée
Je suis arrivée chez Ondinnok en août 2019, avec mon expérience comme artiste, gestionnaire de petite coop de cirque, et pleine de bonne volonté. J’ai découvert un monde nouveau et inspirant.
«Nouveau» par le fait des tournées jeune public partout au Québec (80 dates pour ma première année), du financement aux trois paliers de gouvernement et toute la paperasse que ça implique (demandes, rapports, audit, etc.) et une équipe interne de ‘’slasheuses’’ solides.
«Inspirant» parce que je rentrais dans le monde de l’art autochtone duquel j’étais très néophyte. Apprendre des mots en wolastoqiyik et en langue wendat m’ont fasciné (et me fascine encore); mais surtout, voir l’intention profonde, méditation et rituels derrière chaque œuvre, ça m’a beaucoup touché.
Coup de foudre
Le premier spectacle d’Ondinnok que j’ai vu était Mokatek et l’étoile disparue de Dave Jenniss, avec lui-même et Élise Boucher DeGonzague. Je l’avoue, c’est ce spectacle qui m’a fait tomber en amour avec cette compagnie que je venais d’intégrer. La fébrilité des petit·e·s du préscolaire qui entraient dans la maison longue, leurs yeux grands ouverts, suivant le développement de l’histoire et répétant les mots en wolastoqiyik qu’ils et elles avaient appris auparavant avec leur éducatrice, avec une réaction extatique; ça m’a beaucoup émue et m’a donné toute l’énergie d’entreprendre ce nouveau défi à la coordination générale.
Défis
Puis rapidement, la pandémie est arrivée. Avec tout son lot de frustrations, de déceptions et d’annulations qu’on avait peine à croire. Les défis se sont accumulés, mais surtout le chagrin et l’impuissance de voir notre milieu des arts vivants collapsé, un événement à la fois, un festival à la fois. Mais on a quand même continué de travailler, soutenir les artistes et travailleur·se·s de notre milieu, parce qu’on pouvait le faire et qu’on se devait d’être une communauté soudée.
On s’est sorti de ce grand trou et on a poursuivi la mission qu’Ondinnok porte depuis maintenant 40 ans, c’est-à-dire de faire grandir les désirs secrets, l’imaginaire de ses artistes des différentes nations à travers les Amériques. Au fil des années, des défis, des redditions de compte, quand on a le nez dedans, il est difficile de se le rappeler au jour le jour, de revenir à l’essence.
On a quand même continué de travailler, soutenir les artistes et travailleur·se·s de notre milieu, parce qu’on pouvait le faire et qu’on se devait d’être une communauté soudée.
Travail d’équipe
L’équipe d’Ondinnok et ses fondateur·trice·s ont su continuer d’insuffler cette essence par des retraites d’équipe, des rituels au bureau, des moments de rencontre.
Au fil des six dernières années, j’ai aussi fait la rencontre de l’étendue de l’œuvre de Ondinnok en participant à la mise en œuvre des spectacles et en explorant les 40 dernières années d’archives de la compagnie. Une rencontre forte qui m’a fait grandir.
J’y ai aussi rencontré des personnes extraordinaires et compétentes qui ont fait de mon travail un tout, et j’ai souvent été impressionnée par le fait que si peu de gens devant leurs ordinateurs puissent accomplir autant de choses!
La récolte des fruits
On aura travaillé fort pour récolter les fruits des graines semées par Yves et Catherine depuis 1985, et pour entretenir un jardin aux milles couleurs dans le but de le présenter au public.
Je quitte le cœur gros cette équipe de jardiniers et jardinières extraordinaires et compétent.e.s pour me dédier à d’autres jardins.
Je remercie profondément Dave, Nathalie, Amélie, Catherine, Yves, Citlali, Anaïs, Carole, Cécile, Marie-Claire et Céline.
Woliwon komac, merci pour ces belles années!
Mélodie Couture
Mélodie Couture a été la directrice administrative d'Ondinnok de 2019 à 2025



2 Responses
Est-ce que Tupqan chez Duceppe en mars 2026 sera en tournée cette année et possiblement à Québec ?
Allô Christine. Malheureusement non, il n’est pas prévu de jouer TUPQAN ailleurs qu’au CNA et à Duceppe pour le moment.